Die ältesten Regeln mittelalterlicher Hospitäler
Die Texte

Mons/Bergen, S. Ladre, 1202.10.

[Angaben zu diesem Text]

Ou nom de la sainte Trinite que on ne peut diviser, jou, Jehan, par le divine misericorde evesque de Cambray, [f]ay savoir a tous, aussi bien a ceulx qui sont comme a ceulx qui advenir sont, nous, qui nous aherd[ons] as traches de noz honnourables anchisseurs et qui enssuiwons les paisibles choses, avons regardet du conseil de noz personnes d'entour nous que c'est digne chose de mettre le fois de Jhesu Crist as malades qui viennent et demeurent enssemble en la maison de Saint Ladre de Mons seloncq le souffrance de leur maladie afïin de enssemble demorer et vivre en paix.

[1.] Nous commandons expressement, selon l'Evangille qui dist que bien euwereux sont les paisibles, que entre eulx ayent paix et concorde. Et, s'aucuns d'eulx demorans en laditte bonne maison dist a son frere ou a sa seur malade aucunes laydes ou vilaines parolles, ceulx coupables desdittes parolles au command et cherge du maistre de laditte bonne maison, se deveront ce jour meismes humblement getter et mettre a genoulx au devant et as piés de celui qui avera rechupt lesdittes purolles en lui priant merchit et ne polra ce jour user ne prendre que pain et yauwe pour le fourfait et mesus dit a son dit frere et au sourplus se devera il abstenir de touttes autrez choses. Et, s'il est rebelles de ce faire, sy soit mis au pain et a l'yauwe jusques adont qu'il le fache par forche. Et, s'il estoit ainsi que celui qui seroit requis de pardonner ne se veulzist humiliier a ce faire,. il seroit tenu de semblemment estre mis au pain et a l'iauwe jusques que ledit pardon seroit fait.

[2.] < Item, nulz de ces malades ne puet entrer en la ville sans le congie de leur maistre et, s'il font contre ceste deffence, il doivent uzer le lendemain pain et yauwe. >

[3.] Encores, se le maistre de laditte bonne maison voet envoyer aucuns des malades en quelque lieu pour les affaires de laditte bonne maison, il sera tenu de y obeyr sans quelque refus. Et, se il refuse de faire ce que dit est. il doit aussi juner en pain el en yauwe jusques qu'il ayt amendet audit maistre.

[4.] < Item, quant il sont levet de le table, chacun de ces malades doit dire une fois Paler noster et Ave Maria pour leur evesque, pour le prebstre qui le sert et pour leurs bienfaiteurs vifs et trespasses. Et doient dire a chacune heure du jour sept fois Pater noster en l'onneur du saint Esprit qui les fache perseverer en bonnes oevrez. Encores pour leur evesque, prebstre et bienfaiteurs doivent dire a chacune heure une fois Pater noster.

[5.] Et sy deffendons que l'homme malade ne parle a la femme malade sans le congie de leur dit maistre.

[6.] Et ne puet ly malade rendu wuidier et lui hoster de la subjection de laditte maison puis qu'il y ara fait veu et, s'il en wuide sans reprendre laditte subjection, il sont escumeniiet.

[7.] Et sy deffendons encores aux hommes et femmes malades que, puis qu'il y aront fail veu, que l'homme malade ne parle sans le congie dudit maistre a sa femme haittie ne pareillement la femme malade a son marit haittie, se ce n'est ou portal de laditte bonne maison ou en l'eglise. Et, s'il font contre ceste deffence, il doivent juner troix jours en pain et en yauwe.

[8.] Ly vaissiel et meubles des malades doivent estre departit et ariere des vaissiel et meubles des haittiés sans pooir atouchier l'un a l'autre ne aussi entrer en la cuisine ne ou pestrin.

[9.] Encores deffendons nous que nulz desdits malades ne viestent nulz viestemens taint de couleur si comme cottez, cappe, mantiaul ne cauches, ains doivent avoir rons viestemens, assavoir cottez et chemises, et ronde tondure en signe de perfection.

[10.] Il doivent user et seyr a une table et leur doit souffir de ung dortoir, sy n'estoit que le maistre veuzisse mettre aucuns de ces malades en une cambre plus secree.

[11.] Et, s'il advenoit que ung homme haittie avoecq sa femme haittie, espiret du saint Esprit, se rende en laditte bonne maison pour servir plus franchement a Dieu, chacun d'eulx doit jurer a y entrer qu'il y fera bien et voer continense. Et ce fait, pour ce que li continuelz habitation ne rappel en eulx le carnel consentement, nous deffendons a eulx toutte cohabitation, mais eulx departir sont mis en diverses maisons.

[12.] Et, se aucuns de ces freres, malades ou haitties, soustrait et prent aucune chose de la maison et qu'il soil sceu a la verite, en cas que restitue et rendu ne soit, il pert a tousjours la demeure et compagnie de laditte maison.

[13.] Et pour faire la general administration de touttes les coses devant dittes ung maistre y doit estre esleuz et par acort.

Et pour ce que tout ce qui deseure est dit demeure et soit gardet entirement sans nul debat, nous, donnant divine benichon a ceulx qui le garderon et malediction perpetuel a ceulx qui l'amenriront et ne le entretenront, avons donne ceste presente pagene et lettre par l'impression de no seaul el par le nom des tesmoings cy dessoubz nottez: S. Adam le doyen, S. Nichilon l'archediakene, S. Wattier le cancelier, S. Simon le chantre, S. Wattier de

Bruille, S. Robert le cambrelent, S. Druon, S Robert le cappellain, prebstrez , S. Gobert, S. Godeffroit, dyakenes, S. Adam le canosne et S Gillion de Mons, soudyakene.

Che fu fait en l'an de l'Incarnation Notre Seigneur Jhesu Christ mil deux cens et deux, ou moix d'octembre.

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